BougerFrançaisAprès le Brexit, des « remainers » canadiens à Londres

mm Erik Chouinard2 décembre 20187 min

En tant que citoyens du Commonwealth, les Canadiens résidant au Royaume-Uni peuvent participer à la vie politique. Ils ont donc pu voter lors du référendum sur la sortie de l’Union européenne. Maintenant que le Brexit approche, c’est leur avenir en Grande-Bretagne qui se joue.

Leah Buckley et David Mathews sont tous deux Canadiens et Londoniens. Étant citoyens d’un pays du Commonwealth, ils ont le droit de vote au Royaume-Uni, même sans la citoyenneté britannique. Ils ont donc pu s’exprimer dans le référendum sur la sortie de l’Union européenne.

Leah est à Londres depuis un peu plus de quatre ans : « Mes amis de l’Europe continentale, même s’ils habitent ici depuis beaucoup plus longtemps que moi, n’ont pas pu voter lors du référendum. Moi, avec seulement mon visa temporaire, j’ai pu voter, explique-t-elle. Pourtant, le Brexit les affecte autant que moi ! »

Leah habitait en Équateur où elle a rencontré son mari italien, avant de le suivre et de déménager à Londres. © Érik Chouinard/ESJ

Leah, qui a épousé un Italien, ne sait pas ce qu’un Royaume-Uni post Brexit lui réserve. « J’ai un visa de travail, dont la demande est faite par mon employeur. S’il ne la renouvelle pas,  je n’aurai plus le droit de rester, ou il faudra que j’engage une procédure de visa de mariage, s’inquiète la Canadienne. Mais quels droits aura mon mari en Angleterre après le Brexit ? »

Devenir britannique

Au Royaume-Uni depuis 2003, David possède maintenant la citoyenneté britannique. Mais il s’inquiète pour sa liberté de mouvement dans le reste de l’Europe,  qu’il pensait avoir acquise grâce à sa nouvelle nationalité. « Quand j’ai été naturalisé, je suis non seulement devenu Britannique, mais aussi Européen, ça faisait partie de l’arrangement », déplore-t-il.

Cette citoyenneté est malgré tout une garantie précieuse pour David. Ce “Remainer” (qui a voté pour rester dans l’Union européenne, NDLR) , voit quand même un bon côté aux nombreuses incertitudes du Brexit. « Je pourrais être avantagé si le marché immobilier s’effondre, je pourrais enfin devenir propriétaire », anticipe-t-il. David précise même que depuis un an, son loyer lui revient moins cher.

Immigration canadienne

La présence de citoyens étrangers en Angleterre a été l’un des grands enjeux lors de la campagne référendaire. Par les liens spécifiques entre leur pays et le Royaume-Uni, de nombreux citoyens du Commonwealth espèrent après le Brexit une plus grande considération de Londres, sans certitude.

« Les liens entre le Commonwealth et le Royaume-Uni seront peut-être renforcés, mais probablement plus du point de vue du commerce et non de l’immigration », redoute Leah. Selon elle, le gouvernement conservateur tient à réduire l’immigration, peu importe son origine.

Les deux Canadiens s’accordent à dire que le climat social a bien changé depuis le vote sur le Brexit. Malgré l’héritage britannique au Canada, difficile de sentir leur appartenance à leur terre d’accueil.

David Mathews est arrivé à Londres pour finir son master, maintenant il travaille dans la sécurité informatique. © Érik Chouinard/ESJ

« Je ne vais pas laisser le Brexit affecter ma vie, tranche David. Si ça vire au désastre, les gens comme moi, qui viennent d’ailleurs, ont l’avantage de pouvoir considérer d’autres options. » Il ironise en ajoutant que finalement ceux qui ont le plus à perdre avec le Brexit, ce sont peut-être justement ceux qui ont voté pour et qui sont « coincés » au Royaume-Uni.

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Erik Chouinard

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