BougerFrançais« Je n’habiterais pas à Londres même si on me payait »

mm Maxime Lictevout28 novembre 20188 min

Les Britanniques sont nombreux à posséder une maison en France, secondaire ou principale. Le Brexit a un peu changé la donne : certains repartent au Royaume-Uni, tandis que les arrivants se font moins nombreux. Reportage en Touraine, une des régions les plus appréciées par nos voisins d’outre-Manche.

Les maisons sont basses, certaines en vieilles pierres typiques de la région. Bienvenue à Courléon, petit village d’à peine 200 âmes, à la limite entre le Maine-et-Loire et l’Indre-et-Loire. Dans le bourg de village, l’église a visiblement eu droit à un récent lifting tandis que la mairie fait également office d’école, de bureau de poste…et de monument aux morts, à en croire les plaques sur la façade. A l’heure du déjeuner, en pleine semaine, il y a plus de chats que de voitures au croisement entre la D 206 et la D 142.

Volant à gauche, impossible de les rater : Mike Goldsmith, agent immobilier, ouvre la route devant James et Marianne, un couple de quinquagénaire. Arrivés du Royaume-Uni il y a un mois ils cherchent une maison principale dans la région.

C’est leur quatrième visite de la journée. « Le must serait d’avoir un petit terrain de tennis, sourit Marianne. Mais la priorité c’est le jardin pour la chienne. »

En quête d’espace

Le terrain fait au bas mot 1 000 m², le premier critère est rempli. Une grange aménageable et une piscine hors sol, « pourquoi pas ! » James et Marianne ne viennent pas en France spécialement à cause du Brexit. Les raisons de leur départ sont plus globales : « Au Royaume-Uni (leur dernière adresse était au Pays de Galles même s’ils sont Anglais) il y a trop de monde, trop de bouchons, trop… On veut la paix, de la tranquillité. Je n’habiterais pas à Londres même si on me payait», soupire Marianne.

A Courléon, ils ne seraient d’ailleurs pas les seuls Britanniques à s’installer. « Trois familles sont déjà là », glisse l’agent immobilier. A deux heures et demi du port de Caen-Ouistreham – d’où des ferries arrivent d’Angleterre – Courléon semble plaire, malgré son caractère isolé.

« Les gens des villes ont oublié comment on s’amuse et on profite de la campagne », insiste James. « Jusqu’à présent, tous les gens que nous avons rencontré sont très gentils et polis », ajoute Marianne.

Nouvelles tendances

Les agences immobilières n’ont pas attendu le Brexit pour s’intéresser à la clientèle britannique. A Loches, Touraine Berry Immobilier ne travaille d’ailleurs qu’avec ce type de clients. Trop occupés pour nous répondre, il semblerait que les affaires marchent mieux qu’il y a deux ans et demi : juste après le référendum, les acheteurs s’étaient faits frileux.

Mike Goldsmith, lui, travaille en indépendant pour Liggett Immobilier. Depuis près de cinq ans, il couvre une large région allant de la Vendée à l’Indre-et-Loire en passant par l’Anjou et donc le Maine-et-Loire. A propos du Brexit, il rit jaune : « notre pays devient dingue. Avec ma femme, nous ne rentrerons pas, nous aimons la France. »

Malgré son français qu’il qualifie « d’horrible », Mike travaille de plus en plus avec une clientèle française. Avant le Brexit, c’était « 85% internationaux, majoritairement en provenance du Royaume-Uni, et 15% de français. Maintenant c’est plus du 58%-42%. »

Trois ans en arrière, les britanniques recherchaient davantage une maison secondaire. « Ces douze derniers mois, ce sont surtout pour des installations permanentes ! », souligne Mike. Le marché a sensiblement changé. « Moins de gens se renseignent pour venir en France, disons 30% de moins. Mais ceux qui nous contactent aujourd’hui sont plus sûrs d’eux, ils veulent acheter tout de suite ou dans les 18 mois. C’est un gros changement, et tant mieux pour le business ! »

Quitte ou Double lance sa newsletter mensuelle. Débrief de l'actualité, éclairages d'experts, dessins de presse... Pour ne rien manquer, inscrivez-vous ici.

mm

Maxime Lictevout

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *