FrançaisMangerMythes britanniques #3 – Le monstre du Loch Ness devra-t-il déménager à cause du Brexit?

mm Emmanuel Calafiore21 novembre 20185 min

Direction les contrées verdoyantes d’Inverness où un monstre pourrait souffrir des effets du Brexit. Les Écossais ont voté à 62% pour rester dans l’Union européenne. Ce Brexit est une malédiction pour eux, mais aussi pour leur fameuse Nessie.

Adorable serpent de mer, monstre lacustre difficile à rencontrer, Nessie se tient devant nous. Le chercheur farfelu, Adrian Shine a réussi à prouver son existence. C’est lui qui nous a amené auprès d’elle, dans son environnement préservé : le Royaume-Uni a la réglementation environnementale la plus stricte de l’Union européenne. Depuis le début des années 1990, le pays est celui qui a le plus réduit ses émissions de CO2 dans toute l’Europe de l’Ouest.

Mais pour un groupe d’environnementalistes, quitter l’Union européenne pourrait amener le Royaume-Uni à assouplir sa réglementation. Et reviendrait à permettre le retour d’un air pollué et de plages immondes, alors qu’en 2016, seuls 4,9% des sites de baignades britanniques avaient une qualité d’eau médiocre. Sans les apports financiers de l’Union, entretenir les zones aquatiques coûtera cher. Beaucoup s’interrogent : “et si le Royaume-Uni redevenait “the dirty man of Europe” (l’homme sale de l’Europe), comme dans les années 1970 ?”

Les pêcheurs ne représentent que 0,05% de l’économie britannique

Un autre danger pour Nessie est celui de la pêche. Michael Gove, secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales, a affirmé que les affaires son père, pêcheur, se sont effondrées à Aberdeen, ville portuaire donnant sur la mer du Nord, à cause du Brexit. En effet le projet d’accord ne prévoit pas pour l’instant d’interdire l’accès aux eaux territoriales aux Européens – une revendication des pêcheurs. Leurs concurrents pourront donc avoir accès aux eaux britanniques jusqu’à la fin de la période de transition. En échange, l’Union Européenne renoncerait à appliquer des tarifs douaniers aux poissons et fruits de mer exportés par le Royaume-Uni.

Les pêcheurs britanniques comptent-ils pour du beurre ? Ils représentent seulement 0,05% de l’économie britannique, et le secteur de la pêche 0,5% du total de l’industrie. Dans ce monde post-Brexit, les pêcheurs n’ont donc plus qu’une solution pour remplir leurs filets : leurs lochs. Mais une potentielle pêche à outrance du saumon de l’Atlantique, de la truite ou encore de l’esturgeon dans ces zones pourrait pousser Nessie à quitter ses eaux familières. Et à préférer celles d’Islande ou des fjords norvégiens, aux températures identiques.

Trésor touristique et jackpot économique pour l’Écosse, Nessie, si elle part, pourrait manquer à l’économie du pays. Actuellement, le Loch Ness accueille chaque année plus de 200 000 visiteurs.

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Emmanuel Calafiore

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