FrançaisMangerInterview. Les pêcheurs des Shetland encore « dans le flou » sur l’accord

mm Charline Madini21 novembre 20185 min

Simon Collins dirige l’association des pêcheurs des Shetlands. Il milite depuis le vote du Brexit pour les intérêts des pêcheurs de cet archipel écossais. Après la publication des 585 pages d’accord entre le gouvernement britannique et la Commission Européenne, il livre son avis sur le document.

Les pêcheurs des îles Shetlands, que Quitte ou Double avait rencontrés dans un reportage, sont parmi les premiers concernés par les négociations autour du Brexit. Partagés entre des attentes réelles et une crainte d’être victimes d’un accord bancal, ils n’ont cessé de faire pression sur les négociateurs britanniques. Le texte proposé par la Première ministre britannique Theresa May leur semble favorable. Mais Simon Collins, dirigeant de l’association des pêcheurs des Shetlands, reste prudent.

Êtes-vous satisfait de la partie de l’accord qui concerne la pêche ? 

Simon Collins : Pour l’instant, tout ce que l’on voulait semble être compris dedans. Le gouvernement n’a pas cédé sur la question centrale du contrôle de nos eaux. C’est mon interprétation et celle de personnes du gouvernement. Mais l’accord demeure un peu flou. Nous cherchons donc à éclaircir plusieurs points.

Est-ce qu’il y a des points qui ne répondent pas à vos attentes ? 

Le gouvernement a fait un lien entre l’accès à la mer des bateaux européens et l’accès au marché unique. On n’en voulait pas, mais le pouvoir britannique a cédé. De ce fait, si nous n’arrivons pas à trouver un accord avec l’Union Européenne sur les quotas de pêche après la fin de la période de transition, en 2020, nous pourrions subir des taxes sur les produits de la mer.

Qu’attendez-vous des prochains jours ? 

Le texte est encourageant mais nous avons besoin de plus de clarté. Le document final devrait être signé le week-end du 24 et 25 novembre. Nous donnerons donc notre avis sur le texte à cette date. Mais il reste flou et c’est gênant.

Pourquoi ?

On ne peut pas laisser une seule zone de doute. Le futur de nos îles en dépend. A cause de ce flou, nous avons accentué la pression auprès de nos députés et ministres. Et ça a payé : plusieurs députés, notamment treize conservateurs écossais, ont promis qu’ils ne signeront pas le texte si notre ligne rouge, la souveraineté de nos eaux, était franchie.

Nous travaillons aussi en ce moment à la rédaction de la loi sur la pêche, pour réglementer notre activité après la sortie de l’UE. Nous voulons en finir avec la politique commune de pêche. Les pêcheurs ont besoin de toute une série de règles, mais le plus important est que le Royaume-Uni retrouve la gestion de ses eaux.

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Charline Madini

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