BougerFrançaisMythes britanniques #2 – Dracula ne craint personne… sauf le Brexit

mm Emmanuel Calafiore19 novembre 201814 min

Si le Brexit occupe les esprits du peuple britannique, il en est de même pour les personnages mythiques du Royaume. Leurs inquiétudes sont réelles à l’approche du 29 mars, date à laquelle le Royaume-Uni sortira de l’Union européenne. Et si certains, comme le comte Dracula, ont des considérations simplement matérielles, d’autres sont désolés pour l’avenir de l’île.

Le comte Dracula patiente, soucieux, à la fenêtre de sa plus célèbre résidence, au 138 Picadilly, à Londres. Le comte prend de plein fouet le Brexit. Son retour en Transylvanie, précipité par les rumeurs morbides autour de son régime alimentaire, se voit contrarié. Le comte possède plusieurs propriétés à Londres et les effets du référendum ont des conséquences catastrophiques. Plus aucun notaire ne souhaite prendre en charge ses biens. Même Internet n’aide pas : il n’arrive pas à vendre ses propriétés. Pourtant, il lui faut des liquidités pour repartir chez lui.

Un recul des transactions immobilières de 25 % durant l’été 2018

Pendant des années, l’immobilier à Londres se portait à merveille. Les prix grimpaient même jusqu’à 20 % par an. Changement de cap depuis la victoire du Leave lors du référendum de 2016. L’immobilier a chuté de 9 %. Le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, annonce même en cas de Brexit sans accord une possible crise, qui s’accompagnerait d’une chute des prix de 35 %. La perspective d’un krach immobilier rend Dracula livide, et lui fait perdre le sommeil. Il repense à ce mois d’août 2018, quand 40 % des biens immobiliers proposés (appartements et maisons) ont été retirés de la vente par les promoteurs et agences qui n’arrivaient plus à les vendre. Les transactions immobilières ont reculé de plus de 25% en un an.

Il s’agit d’un désastre tant économique que personnel vis-à-vis de Londres qu’il chérissait tant. Londres qui lui a offert la possibilité de retrouver sa Mina [dans le “Dracula” de Francis Ford Coppola, Mina – interprétée par Winona Ryder – incarne l’amour perdu de Dracula, NDLR] . Ce Londres-ci, frappé par le Brexit, Dracula le déteste mais il est obligé d’y rester. Il croit toujours qu’un nouveau référendum pourrait intervenir. Cela pourrait faire revenir les Européens dans la City, autrement dit des investisseurs potentiels pour acquérir ses biens. En attendant le 29 mars fatal, face à la perspective d’un Brexit sans accord, le comte se ronge les sangs.

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Emmanuel Calafiore

One comment

  • Kevin Windsor

    13 janvier 2019 at 4 h 08 min

    EXCELLENT ARTICLE !!! L’association entre Dracula est Brexit est très bien ! Cette référence culturelle is 😍

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