FrançaisTravaillerYohann Meignen, un entrepreneur français à l’épreuve du Brexit

mm Yan Chen16 novembre 20185 min

Yohann Meignen a ouvert “Le Coq Epicier” en 2016 à Londres. Malgré le Brexit, il n’est pas très inquiet pour l’avenir de son épicerie.

Le Coq Epicier se situe à Camden Passage à Londres. ©Yan CHEN

« C’est une très bonne nouvelle ! J’en suis content. » Yohann Meignen, jeune entrepreneur français installé à Londres, est soulagé par l’annonce du nouveau projet d’accord sur le Brexit conclu le 13 novembre 2018 entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, qui annonce une période de transition de mars 2019 à décembre 2020. Il prévoit de négocier une zone de libre-échange qui serait instituée par la suite.

« Dans le flou »

Depuis l’ouverture du commerce en 2016, « On était vraiment dans le flou », témoigne Yohann Meignen. La possibilité que des taxes d’importation soit mises en place lui fait peur, car son coût de revient risque de grimper. Le temps de livraison entre la France et l’Angleterre pourrait doubler, en cas de contrôle douanier. Et le Brexit a déjà des conséquences : la chute de la livre après le référendum a déjà obligé l’entrepreneur à augmenter ses prix. Selon l’issue des négociations, les délais de livraison pourraient largement augmenter, et les frais de douanes, se répercuter sur son prix de vente. « Attendre un mois avant la livraison, et vendre finalement une tablette de chocolat à 10 livres, ce n’est pas tenable », s’inquiète-t-il.

L’écosystème libre de Londres

Yohann Meignen est arrivé au Royaume-Uni en 2015, pour suivre sa fiancée qui travaillait à Londres. Souhaitant faire découvrir les produits des petits producteurs français aux Britanniques, il a eu l’idée d’installer la première épicerie 100% française à Londres. La taxe moins élevée et “l’administration plus efficace” qu’en France l’ont conforté pour investir : « Ça m’a pris seulement un après-midi pour les procédures. C’est très rapide ! », explique-t-il. Malgré l’incertitude autour du Brexit, Yohann Meignen reste très attaché à sa nouvelle ville : « L’écosystème de Londres est plus libre et ouvert qu’en France. Pour nous, les entrepreneurs, il y a plus de potentiel pour se développer. »

Le nouvel accord sur le Brexit reste pour le moment en suspens, en attendant le vote du Parlement britannique en décembre. Il espère que ce vote sonnera la fin de ses incertitudes : « cet accord montre qu’on est en bonne voie, maintenant j’espère que le Parlement le validera. On croise les doigts. »

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Yan Chen

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