LiveRevue de presse« Trahison » : les journaux britanniques méfiants après le projet d’accord

mm Matilde Meslin14 novembre 20188 min

Au lendemain de l’annonce faite par Theresa May, un projet d’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne est discuté ce mercredi par le gouvernement. La presse britannique du mercredi 14 novembre ne croit pas au succès de l’accord. 

Theresa May ou le prince Charles, les journaux britanniques n’ont pas choisi. Ce matin, à côté des photos officielles des 70 ans de l’héritier du trône, les gros titres de la presse évoquent le projet d’accord que Theresa May a présenté ce mardi 13 novembre, à son gouvernement.

Les journaux pro-Brexit parlent d’un jour décisif qui verra surement tomber Theresa May, à cause du délitement de son gouvernement. Pour le Daily Mail (conservateur), deuxième journal le plus vendu du Royaume-Uni, c’est « jour du jugement » pour la Première ministre. Selon le journal, May devrait faire face à une vague de démissions au sein de son gouvernement, insatisfait par cet accord qui laisserait à Bruxelles un pouvoir décisionnaire quant aux échanges commerciaux. Les Brexiters dénoncent un accord « qui n’a de Brexit que le nom ». La Une du Daily Express (conservateur), donne la version de Theresa May : « Cet accord pour le Brexit est le meilleur que la Grande-Bretagne puisse espérer ». Mais le journal souligne que la Première ministre doit maintenant « mener le combat politique de sa vie pour convaincre son gouvernement, le Parlement et surtout, la nation ». Il fait écho de la réticence des travaillistes comme des conservateurs face à cet accord qui laisserait trop de pouvoir à Bruxelles selon les tenants d’un Brexit dur.

Quatre ministres clés

En Une du Times (centre droit), partisan d’un Brexit plus doux, on peut lire : « Theresa May accusée de trahison alors qu’elle révèle l’accord sur le Brexit » et « les ministres sous pression pour rejeter l’accord ». Le journal rapporte que les parlementaires partisans d’un Brexit dur tentent d’influencer les membres du gouvernement pour saboter cet accord dès la première étape du processus.

Du côté des journaux de gauche, The Guardian choisit de mettre en Une les photos des quatre ministres qui doivent absolument soutenir l’accord présenté par Theresa May pour qu’il ait la moindre chance d’être étudié au Parlement : Matt Hancock (Santé), Liam Fox (Échanges commerciaux), Andrea Leadsom (leader de la Chambre des Communes) et Philip Hammond (Finances). Comme les autres membres du gouvernement, ils se sont rendus au 10, Downing street dès mardi après-midi pour consulter l’accord dans une pièce sécurisée. Ils y ont rencontré un à un la Première ministre ou son chef de cabinet. Le journal relate que plusieurs membres du gouvernement, dont Liam Fox, pro-Brexit, se sont retrouvés ce mercredi matin pour discuter de l’attitude à tenir, ce qui n’est pas nécessairement de bon augure. Le journal centriste The I, rappelle que même si Theresa May arrive à obtenir l’appui de son gouvernement, il semble peu probable que l’accord passe l’étape du vote du Parlement, très réticent – côté conservateur comme côté travailliste.

Loin de Londres, on ne croit pas à cet accord

Dans les autres pays britanniques, le ton est tout aussi défaitiste. Les titres de presse ne semblent pas vraiment croire en cet accord. En Écosse, le Herald (non-partisan) titre : « Accord sur le Brexit, mais personne n’est dupe, Mme May ». Le journal précise : « Theresa May fait face à une opposition grandissante après la confirmation qu’un accord sur le Brexit a finalement été trouvé, au bout de mois de laborieuses négociations ». Même son de cloche du côté du Scotsman (centre), pour qui « le brouillon de l’accord a été immédiatement dénoncé par les critiques de Theresa May côté conservateur, mais aussi par ses alliés au sein du Parti Unioniste Démocrate (DUP, Irlande), confirmant les craintes que la chambre des Communes pourrait rejeter l’accord et envoyer le Royaume-Uni vers une rupture violente avec l’Union européenne. »

Une impression confirmée par le Belfast Telegraph (Irlande du Nord, unioniste), qui avance que « le DUP craint que l’accord affaiblisse le Royaume-Uni ». Or c’est du DUP que depend la majorité de Theresa May au Parlement. « Arlene Foster (Première ministre d’Irlande du Nord, membre du DUP NDLR) qualifie les propositions de la Première ministre d’’inacceptables’ et affirme qu’elles menotteraient l’Irlande du Nord à Bruxelles. » Pour le Scotsman, May est « préparée à une révolte ». En Irlande, le Irish News (nationaliste) se veut plus positif. « May cherche le soutien de son gouvernement », résume le journal.

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Matilde Meslin

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