Live62% des Français vivant au Royaume-Uni souhaiteraient y rester après le Brexit

Noemie Marot-Saferis14 novembre 201810 min

Selon un sondage OpinionWay paru ce mercredi, 62% des Français établis au Royaume-Uni souhaitent y rester malgré le Brexit, peu importe l’issue de l’accord. On revient sur la question avec les Français rencontrés lors de nos reportages.

Ils sont quelque 140 000 Français résidant au Royaume-Uni. A Londres, nous les avons croisé à l’Institut français, dans des librairies francophones ou encore au lycée français Charles de Gaulle. Malgré le Brexit, la plupart veut rester sur l’île.

Estelle, 37 ans, est professeure de français en Angleterre. Elle est mariée à un Anglais et a deux enfants. Pour elle, hors de question de quitter son pays d’adoption, même en cas de hard Brexit« Je reste, c’est certain ! Et je dirai même qu’il y a plus de 62% des Français qui vivent ici qui voudront rester. »

Pour Olivier*, 35 ans, un hard Brexit n’est pas souhaitable – bien qu’il se soit prononcé en faveur du Brexit. Il estime qu’il ne faut pas se précipiter à quitter le Royaume-Uni pour la France. « C’est une grande décision de quitter le pays avec lequel vous avez des liens. Pour savoir s’il est préférable de partir, il faut savoir ce que l’on va trouver dans le pays où on se rend. Et soyons honnête, la France n’est pas au mieux en ce moment… »

Même son de cloche pour Estelle, 24 ans. Arrivée en janvier 2017 à Londres, elle compte y rester et n’est pas étonnée que ce soit le cas d’une majorité de Français installés outre-Manche. « Il y a ici une diversité culturelle qu’il n’y a pas en France. Londres est une ville ouverte sur le monde entier, avec une multitudes de cultures, de religions qui cohabitent en harmonie et en paix. » Autre raison pour rester à Londres, la sécurité : « En deux ans jamais je ne me suis sentie en danger, à n’importe quelle heure de la journée, de la nuit, je me sens bien et n’ai pas peur de marcher toute seule dans les rues. Contrairement en France où en tant que femme dès que nous sortons nous savons qu’il y a de fortes chances qu’on se fasse embêter. »  Enfin, elle estime que « trouver un emploi ici c’est tellement facile, on te juge sur ton expérience et non pas sur un diplôme ou une école comme c’est le cas en France. »

D’une génération à l’autre, les avis diffèrent

Jean-François et Bérangère partagent un repas avec leur petit-fils, Alexis, dans le quartier français de South-Kensington. Ils vivent en Angleterre depuis 28 ans et sont résidents britanniques. « Nous ne sommes pas d’accord sur le Brexit. Moi je veux rentrer même si j’aime beaucoup le pays. J’attends le 30 mars pour prendre ma décision en cas de Brexit dur », explique Bérangère. « Ici il y a nos petits-enfants et nos enfants, je me sens bien à Londres et c’est une ville très accueillante pour les seniors », pour Jean-François.

Rencontré à la bibliothèque de l’Institut français, Yann est à Londres depuis trois ans pour le travail et son contrat court jusqu’en 2021. « On nous a informés via des courriers des processus administratifs mais je n’ai encore rien fait. Ceux qui sont là depuis longtemps ont réglé les problèmes administratifs dès les prémices du Brexit. Moi j’attends d’en savoir plus… Ce qui me préoccupe le plus après le processus administratif, c’est la libre circulation. Pour mon travail je voyage beaucoup, et si je dois demander un visa à chaque fois ce sera vraiment compliqué. We’ll see ! »

Habitante à Londres depuis 22 ans, Mélanie a vu le climat changer au lendemain du vote : « On est quand même étrangers ici. » Pourtant elle ne se voit pas partir. « Tout le monde s’est affolé il y a 2 ans, maintenant, on attend. Rien n’est prêt. »

Lire aussi : Le glossaire pour tout comprendre au Brexit

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Noemie Marot-Saferis

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