LiveBrexit : où en sont les négociations ?

mm Laura Taouchanov14 novembre 20189 min

Chronologie d’un Brexit en plusieurs actes, plus de deux ans après le référendum.

L’issue du conseil des ministres, mercredi, vers 14 heures (heure locale), dira si Theresa May a réussi à convaincre son gouvernement de la suivre dans un nouvel accord avec l’Union européenne. Les discussions n’avancent pas assez vite au goût de Londres et Bruxelles. Mais où en sont les accords pour le moment ?

23 juin 2016 : les Britanniques aux urnes

Le référendum historique donne la victoire du vote « leave », à savoir la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (51.9%). Pourtant, les Britanniques ne s’expriment pas d’une seule voix. Le vote « remain » l’emporte en Ecosse et en Irlande du Nord. Ils refusent de quitter l’UE.

29 mars 2017 : lancement officiel du Brexit

La Première ministre britannique signe la lettre qui marque le début officiel des négociations avec Bruxelles. Remise à Donald Tusk, président du Conseil européen, cette lettre active l’article 50 du traité de Lisbonne et donc le retrait du Royaume-Uni.

5 avril 2017 : pas de bilatéralisme dans l’UE

Le Parlement européen adopte une résolution et fixe ses conditions. L’accès au marché unique reste conditionné par la libre circulation des personnes, des biens, des services et des marchandises. Tout accord bilatéral entre le Royaume-Uni et un Etat membre est donc exclu. Le multilatéralisme doit prôner, pour préserver la cohérence au sein de l’Union européenne.

26 juin 2017 : loi sur le retrait de l’UE adoptée par la parlement britannique

Cette loi annule la loi d’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté européenne de 1972.

6 juillet 2017 : « White paper » 

L’UE et le Royaume-Uni publient une proposition sur les relations post-Brexit. Dans les grandes lignes, le Royaume-Uni appliquerait ses propres tarifs pour les biens qu’il échange avec des pays tiers et les tarifs européens pour ceux échangés avec l’UE. Le Royaume-Uni pourra aussi disposer de sa propre politique migratoire.

8 décembre 2017 : un premier accord

Quinze pages de conditions et des heures de discussions plus tard, un accord est signé. « Une négociatrice dure, pas facile », soupirait Jean-Claude Juncker à l’issue de cette énième rencontre. Dans cet accord, le Royaume-Uni doit verser 50 milliards d’euros de compensation à l’Union européenne.  L’idée : continuer à participer au budget commun de l’Europe pendant quelques années, comme l’île s’y était engagée. Il prévoit aussi de préserver l’intégralité des droits des citoyens européens établis au Royaume-Uni.

Le point de discorde majeur reste le statut de l’Irlande du Nord. Prise en otage par le parti nord-irlandais du DUP (Democratic Unionist Party), Theresa May se retrouve tiraillée, alors que les Nord-Irlandais ont voté majoritairement contre le Brexit (56%). L’Irlande du Nord refuse l’établissement d’une frontière physique avec la République irlandaise, potentiellement compromettante pour son économie. Enda Kenny, Premier ministre irlandais jusqu’en juin 2017, va plus loin et réclame même que la réunification des deux Irlande arrive sur la table des négociations autour du Brexit.

Lire aussi : L’opération pro-backstop des députés nord-irlandais

28 février 2018 : quel sort pour l’Irlande du Nord ?

Un nouveau projet d’accord entre Londres et Bruxelles  stipule qu’en cas de « no deal », l’Irlande du Nord resterait dans l’union douanière, instaurant ainsi la frontière entre l’UE et le Royaume-Uni en mer d’Irlande.

13 septembre 2018 : pas d’accord ?

Le gouvernement britannique se prépare à la possibilité d’un « no deal », à savoir une sortie sans accord de l’UE. Ce risque est étudié des deux côtés de la Manche. Une série de 28 scénarios est publiée par Londres, dans différents secteurs économiques (médicaments, circulation, environnement…). Le gouvernement prévoit d’en publier 80. 

13 novembre 2018 : un nouvel accord technique

L’Europe et le Royaume-Uni parviennent enfin à trouver un accord technique au sujet de l’Irlande, le sujet brûlant du Brexit. S’en suit une situation inédite au 10, Downing Street. Theresa May reçoit tous les ministres de son cabinet, les uns après les autres, pour tenter de les convaincre d’adhérer à ce nouvel accord négocié durement avec l’Europe. Affaiblie depuis les dernières élections législatives en juin 2017, la dirigeante britannique met les bouchées doubles pour fédérer son gouvernement. Verdict ce mercredi soir.

Par Laura Taouchanov et Agathe Cherki

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Laura Taouchanov

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