LiveAccord sur le Brexit : portrait d’un gouvernement désuni

mm Erik Chouinard14 novembre 201819 min

Il a fallu des heures à Theresa May pour décrocher le soutien de son gouvernement au projet d’accord mis au point avec Bruxelles. La première ministre a rencontré ses ministres un à un pour en discuter. Passage en revue des figures importantes du gouvernement, aux visions parfois diamétralement opposées sur le Brexit.

Première Ministre : Theresa May

En poste depuis 2016, elle a la dure tâche de diriger le pays après le référendum du Brexit et le départ de David Cameron. Durant la campagne référendaire, sans être très loquace sur ses positions, May était plutôt opposée à ce que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne.

Chancelier de l’Échiquier : Philip Hammond

Philip Hammond est l’équivalent du ministre de l’Économie et des Finances. En poste depuis juillet 2016, lors de la formation du premier gouvernement de Theresa May, il était en faveur du Remain lors du référendum. Depuis la victoire du Leave, il se dit décidé à respecter la volonté du peuple et à travailler pour sortir le Royaume-Uni de l’Union Européenne. Proche des milieux d’affaires, il a été souvent accusé d’être trop pro-européen pour mener à bien le Brexit. Il est formellement opposé à la tenue d’un second référendum.

Secrétaire d’État des Affaires étrangères et du Commonwealth : Jeremy Hunt

Hunt prend le poste à la suite de la démission de Boris Johnson en juillet 2018. Celui-ci était très critique à l’endroit de Theresa May et sa façon de mener les négociations sur le Brexit. Jeremy Hunt, pour sa part, est plutôt europhile. Au lendemain du référendum, il était en faveur d’un second scrutin. Depuis, il s’est montré très critique envers l’Union européenne lors des négociations, mais la perspective que le Brexit se passe sans accord semble plutôt l’inquiéter.

Secrétaire d’État à l’Intérieur : Sajid Javid

Javid assume ce rôle depuis le départ d’Amber Rudd à la suite d’un scandale portant sur mauvais traitement de populations immigrantes. Alors que Sajid Javid était plutôt du côté Remain lors du référendum, il s’est peu à peu converti pour devenir l’une des voix pro-Brexit les plus fortes au sein du cabinet. Contrairement à sa prédécesseure, il a pourtant une position assez positive par rapport à l’immigration. Il a notamment retiré le plafond pour le recrutement de médecins et de personnels médicaux venus de l’étranger.

Secrétaire d’État à la Défense : Gavin Williamson

Suite à la démission de Michael Fallon, Gavin Williamson est choisi pour prendre son poste. Son prédécesseur avait dû le quitter à cause d’une accusation de harcèlement sexuel tombée en plein mouvement #metoo en novembre 2017. Gavin Williamson était anciennement le Whip du Parti conservateur à la Chambre des communes, c’est-à-dire le chef de file des Tories. Il était plutôt contre le Brexit lors du référendum.

Secrétaire d’État à la sortie de l’Union européenne : Dominic Raab

Raab prend la place du député pro-Brexit David Davis après sa démission, liée à son désaccord avec la façon dont la Première ministre négocie le Brexit. Dominic Raab est lui aussi un fervent partisan de l’option Leave. Personnage assez controversé au sein du parti, Raab est accusé de ne pas assez bien connaître les dossiers. Début novembre il a notamment reconnu ne pas comprendre complètement la dépendance du Royaume-Uni au transport de marchandises entre Douvres et Calais.

Secrétaire d’État à la Justice : David Gauke

Après le remaniement ministériel de janvier 2018, Gauke remplace David Roy Lidington, qui devient le chancelier du duché de Lancastre et donc l’adjoint de facto de Theresa May. Comme celui qui était là avant lui, David Gauke était aussi dans le camp du Remain lors du référendum.

Secrétaire d’État au Commerce international : Liam Fox

Ce poste a été créé par Theresa May à son entrée au pouvoir en 2016, afin de commencer à trouver des accord commerciaux supplémentaires pour compenser le départ de l’UE. Fox est ainsi le premier et seul à avoir exercé cette fonction à ce jour. Il est l’un des partisans du Leave au sein du cabinet. Liam Fox est d’ailleurs l’un des vice-présidents de l’organisation eurosceptique, Conservatives for Britain. Il y a moins d’une semaine, il affirmait toujours que le Royaume-Uni pourrait se retrouver sans accord sur le Brexit.

Secrétaire d’État à l’Éducation : Damian Hinds

Hinds arrive au poste après le remaniement ministériel de janvier 2018. Sa prédécesseure avait démissionné, n’étant pas satisfaite avec le nouveau poste qui lui avait été désigné. Damian Hinds n’était pas de ceux qui appuyaient le Brexit lors du référendum. Après que le Leave l’ait emporté, il s’est même  dit déçu du résultat dans un message sur sa page officielle de député.

Secrétaire d’État à la Santé : Matthew Hancock

Hancock prend la place de Jeremy Hunt, partant pour le secrétariat d’État aux Affaires étrangères à la suite de la sortie précipitée de Boris Johnson. Matthew Handcock n’était pas en faveur du Brexit lors de la campagne.

Secrétaire d’État au Travail et aux Retraites : Esther McVey

McVey remplace David Gauke à ce poste après le remaniement de janvier 2018. Lors du référendum, elle avait voté en faveur du Brexit.  Esther McVey se montre critique des accords suggérés à ce jour, refusant de soutenir celui suggéré par Theresa May en octobre.

Secrétaire d’État aux Affaires, à l’Énergie et à la Stratégie industrielle : Greg Clark

Clark occupe cette position depuis le premier gouvernement de Theresa May. Il était contre le Brexit lors du référendum. Maintenant, Greg Clark s’oppose fortement à un Brexit sans accord.

Secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales : Michael Gove

Grove occupe ce poste depuis la formation du deuxième gouvernement de Theresa May. Il est un supporteur du Leave et avait d’ailleurs dirigé la campagne de Boris Johnson, lorsque celui-ci briguait le poste de Premier ministre suite au départ de David Cameron en 2016.

Secrétaire d’État aux Transports : Chris Grayling

Grayling est lui aussi en poste depuis le début du premier gouvernement de Theresa May. Il avait fait campagne pour le Brexit lors du référendum, malgré sa proximité avec David Cameron. Il ne semble pas s’inquiéter d’un Brexit sans accord. En tant que responsable des transports, il s’occupe du projet d’élargissement de l’autoroute M20 en prévision du trafic qui pourrait s’accumuler à la frontière suite au Brexit.

Secrétaire d’État au Développement international : Penny Mordaunt

Mordaunt arrive à ce poste en novembre 2017. Depuis le début, elle défend le Brexit, qu’elle qualifie de « noble et rempli d’espoir ». Elle a d’ailleurs refusé les précédentes tentatives d’accord sur le sujet.

Secrétaire d’État aux Communautés et au Gouvernement local : James Brokenshire

Brokenshire remplace de Sajid Javid en avril 2018, lorsque celui-ci arrive au poste de secrétaire d’État à l’Intérieur. James Brokenshire était aussi ministre sous le gouvernement de David Cameron. Il avait précédemment quitté son poste de secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord en janvier 2018 à cause de problèmes de santé. Il était opposé au Brexit à l’époque du référendum. Plutôt optimiste, il se dit confiant dans le fait que ses collègues arriveront à un accord d’ici la date butoir.

Secrétaire d’État pour l’Écosse : David Mundel

Mundell occupe le poste depuis 2015,  époque où David Cameron était encore Premier ministre. Bien qu’il n’appuie pas le camp du Leave, il accepte le choix du peuple britannique. Il ne souhaite pas non plus qu’il y ait de deuxième référendum, ni pour la question du Brexit, ni pour l’indépendance de l’Écosse.

Secrétaire d’État pour le pays de Galles : Alun Cairns

Cairns occupait lui aussi ces mêmes fonctions sous le dernier gouvernement de David Cameron. Il prônait plutôt un statut spécial pour le Royaume-Uni à l’intérieur de l’Europe. Toutefois après le référendum, il s’affirme comme défenseur du Brexit. Il serait l’un des plus grands soutiens de Theresa May à l’intérieur du gouvernement.

Secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord : Karen Bradley

Bradley arrive à ce poste en avril 2018 après que James Brokenshire ait eu à quitter le cabinet pour cause de maladie. Elle a été accusée de mal connaître les enjeux de son poste. L’épineux dossier de la frontière post-Brexit entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande tombe en partie entre ses mains. Elle a affirmé être opposée à l’idée qu’il y a un second référendum sur le Brexit, croyant que les résultats seraient similaires.

Secrétaire d’État à la Culture, aux Médias et au Sport : Jeremy Wright

Wright remplace Matthew Handcock lorsque celui-ci devient le secrétaire d’État à la Santé. Avant d’obtenir le portefeuille de la Culture, Jeremy Wright était le Procureur général pour l’Angleterre et le pays de Galles. Il défendait le Remain lors du référendum.

Leader de la Chambre des lords : Natalie Evans

Evans occupe ce poste depuis la formation du second gouvernement de Theresa May. Elle était précédemment la Whip du gouvernement conservateur dans la Chambre des lords. Elle est l’une de ceux qui croit que le Brexit permettra au Royaume Uni d’être plus libre pour négocier ses propres accords commerciaux.

Procureur général : Geoffrey Cox

Dernier arrivé au gouvernement, Cox est nommé à ce poste après que Jeremy Wright obtient la tête du secrétariat d’État à la Culture, aux Médias et aux Sports. Il est connu pour ses position pro-Brexit.

Président du Parti conservateur : Brandon Lewis

Lewis occupe ce poste depuis le remaniement de janvier 2018. Il avait fait campagne pour le Remain lors du référendum, bien qu’il affirme qu’il voterait maintenant pour le Leave. Brandon Lewis serait un précieux allié de Theresa May.

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