LiveAccord de principe sur le Brexit : pourquoi ce n’est pas gagné

mm Delphine Sitbon14 novembre 20185 min

Theresa May l’a annoncé le 13 novembre, un accord de principe a été trouvé, première étape concrète du Brexit. Mais la Première ministre britannique doit encore convaincre plusieurs parties de se rallier à cet accord : les membres de son gouvernement ainsi que les Parlements britannique et européen.

Avec le Brexit, une phase de négociations en chasse une autre. Un accord de principe a été trouvé entre l’équipe de Michel Barnier, négociateur de l’Union européenne, et celle de Theresa May, Première ministre britannique. Il prévoit, entre autres, de maintenir l’ensemble du Royaume-Uni dans l’union douanière européenne. Cela permettra notamment de ne pas rétablir de frontière physique entre l’Irlande du Nord (membre du Royaume-Uni) et la république d’Irlande (membre de l’Union européenne).

Mais plusieurs obstacles barrent la route de Mme May avant que cet accord ne prenne effet. Le premier se trouve au sein même du gouvernement. Après les démissions de deux de ses ministres en juillet, Boris Johnson aux Affaires étrangères, et David Davis, en charge du Brexit, Theresa May vient de voir partir aussi Jo Johnson, ministre des Transports, le 9 novembre dernier. Boris Johnson defend un Brexit “dur”, Jo souhaite un nouveau référendum, mais les deux frères critiquent de concert le chemin qu’emprunte Theresa May pendant les négociations. Jo Johnson les qualifie même de « délirantes ».

Les ministres du gouvernement se réunissent mercredi 14 novembre pour débattre de l’accord. L’objectif de Theresa May est de les convaincre de le soutenir. Si elle y parvient, l’exécutif pourra alors tenter de le faire accepter aux parlementaires britanniques avant Noël. Dans l’hypothèse où les deux chambres du Parlement accepteraient cet accord, il devrait encore être décliné sous forme de lois : une nouvelle occasion, pour ses opposants, de le dénaturer, par le biais d’amendements.

L’Union européenne à convaincre, un calendrier serré

Hors de la Grande-Bretagne, l’accord doit aussi être validé par les 27 membres de l’Union européenne. Leur chef d’État et de gouvernement, vont se rencontrer d’ici la fin du mois de novembre.

Sans l’accord de toutes ces parties et dans le calendrier imparti (avant Noël), le Royaume-Uni glissera vers l’hypothèse d’un « no deal » le 29 mars prochain, date où un accord de sortie doit être mis en oeuvre selon les traités européens.

Prudence, donc, avec les déclarations de Downing Street. Ce n’est pas la première fois qu’un tournant majeur est annoncé, sans forcément qu’il ne soit suivi d’avancées concrètes.

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Delphine Sitbon

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